Réflexion évolutive

Donner son point de vue à :

                             usrairfrancecgt@gmail.com


Collectif de travail réunissant 

des militants actifs et retraités 

 du Transport Aérien 

 
 

Document évolutif  

 
 

La crise sanitaire que nous subissons en France, comme plus largement à travers le monde depuis le début de l’année, a des conséquences directes et considérables sur l’organisation des transports en général et particulièrement dans le secteur de l’aérien qui se trouve véritablement ébranlé suite à la baisse significative et sans précédent de l’activité. Le Transport Aérien subit une crise conjoncturelle gravissime découlant de cette épouvantable crise sanitaire. Elle vient aggraver considérablement une crise structurelle développée depuis la mise en œuvre de la déréglementation, effective depuis 1997 entraînant la stratégie dite du hub par les compagnies traditionnelles, la fermeture ds lignes points à points, favorisant ainsi l’apparition des compagnies low-cost avec le dumping social et la concurrence faussée. 

 
 

Encouragés par le gouvernement, les dirigeants d'Air France, profitent de cette crise sanitaire pour accélérer des transformations fondamentales, à l'image de l'extension de Transavia sur le réseau domestique. Au détriment, de hop, du court et moyen-courrier d’Air France avec des conséquences catastrophiques pour les personnels et les territoires 

 
 

Cette situation que connaît le Transport Aérien nous a conduit à mettre en place un collectif afin de mener une réflexion permettant de faire des propositions sur l'avenir de ce secteur d'activité vital pour notre pays. 

 
 

L'idée consiste à proposer des pistes pour une alternative à la politique mise en œuvre par le Gouvernement et les dirigeants des entreprises concernées, avec des mesures prenant en compte la défense des intérêts des salarié-e-s et la réponse aux besoins des usagers dans un cadre alliant la complémentarité des transports, la défense de l'environnement, le maintien de l'emploi et des conquis, la formation professionnelle. 

 
 

Ce projet devra être réalisé en relation avec les syndicats et les fédérations CGT concernées, la confédération CGT, avant d'être soumis aux autres organisations syndicales et aux partis politiques dans une démarche similaire à celle initiée pour s'opposer à la privatisation d'ADP qui a conduit à la pétition signée massivement pour exiger un référendum. 

 
 

A ce stade, nous proposons d'intervenir sur six axes : 

  1. L'urgence de la situation. 

  1. Un projet pour Air France. 

  1. L'intermodalité des transports 

  1. Le lien TA/industrie aéronautique. 

  1. Sensibilisation des politiques. 

  1. Des propositions à débattre. 

 
 

 
 

 
 

1) L'urgence de la situation 

 
 

Les politiques libérales mises en œuvre depuis plusieurs décennies ont conduit à aggraver la situation. Notre Compagnie Nationale Air France n'y échappe pas au détriment de ses salarié-e-s et des intérimaires qui ont pris de l'ampleur au fil des ans. 

 
 

Face à cette situation, la réaction du gouvernement et de l'équipe dirigeante de l'entreprise, c'est toujours plus de libéralisme, le détournement de l'argent au profit des banques et du Capital financier au prix d'un surendettement pour l'entreprise et des reculs sociaux pour ses salariés. 

 
 

Dans ces conditions, il faut s'interroger sur le devenir de l'entreprise, de ses salariés et des emplois induits par son activité. Un certain nombre d'initiatives ont déjà été prises : Tracts, communiqués de presse, courriers aux ministres concerné-e-s, intervention de la CGT sur le projet d'expertise au CSEC d'Air France. Ces travaux sont réalisés avec le concours des cabinets « Sécafi » et « Progexa ». 

 
 

La priorité c'est l'emploi et l'aménagement du territoire avec des exigences environnementales de haut niveau. Sans pour cela céder à quelque surenchère. L'argent apporté par l’État doit l'être sous forme d'augmentation de Capital.Il doit servir à relancer l'activité et à défendre l'emploi et non pas à financer des plans « dits » sociaux. Et lorsque l'on parle d'emploi, cela sous-tend la réinternalisation des activités de court et moyen-courrier transférées la sous-traitance et l'intérim, véritables variables d'ajustement pour les dirigeants d'entreprises et le gouvernement. 

 
 

 
 

 
 

 
 

2) Un projet pour Air France et le pavillon français 

 
 

Il faut s'interroger sur le devenir d'Air France, de ses salariés et des emplois induits par son activité, (plus de 310000 emplois en 2019). 

A ces interrogations, nous devons apporter des réponses pour fixer un changement de cap. 

Au-delà des slogans tel celui de « Nationalisation verte », nous devons faire des propositions concrètes et argumentées en partant des réalités. Commençons par nous poser, sans tabous, les questions qui s'y rapportent : 

  • A quoi sert le Transport Aérien ? 

  • Peut-on envisager la fin du Transport Aérien au plan national ou international ? 

  • Pourrait-on se satisfaire dans notre pays d'un Transport Aérien réalisé par des compagnies étrangères ? 

  • Le train peut-il remplacer l'avion ? 

  • Sous quel statut cette activité doit-elle être réalisée : public, privé, avec quel contrôle ? 

  • Quelle réglementation du Transport Aérien ? 

  • Quelle implication démocratique et quel rôle des salarié-e-s, créateurs de richesses, et Capital essentiel, dans la nouvelle nationalisation d'Air France ? Ne doivent-ils pas pouvoir délibérer sur les orientations économiques et sociales de leur entreprise ? 

  • L'intérêt des salariés, comme l'intérêt général ne doivent-ils pas prévaloir sur l'intérêt des financiers ? 

  • Peut-on ignorer les nuisances engendrées par l'aviation et comment les annihiler ? 

  • Quelles études sur l'environnement en liaison avec les progrès techniques ? 

  • Comment résoudre les contradictions liées à l'environnement et aux besoins en matière de transports ? 

 
 

Les réponses à toutes ces questions essentielles, nous devons les définir dans un rassemblement le plus large possible. Pour sa part, la CGT s'emploiera à prendre des initiatives, pour aller vers cet objectif, en suggérant des pistes, des propositions à débattre. 

En s'inspirant de l'initiative du syndicat d'ADP, nous proposons d'élaborer un projet pour Air France, en partant des besoins des citoyens et des entreprises et en évitant le piège d'une concurrence entre salarié-e-s des différents modes de transports. 

 
 

C'est la raison pour laquelle, ce projet ne pourra pas se réfléchir et se réaliser en vase clos. D'où la nécessité de le concevoir avec les différentes structures de la CGT et plus largement encore. 

 
 

 
 

3) L'intermodalité des transports 

 
 

Depuis plusieurs années, la Fédération, avec ses différentes branches et ses syndicats travaille sur ces questions dans le cadre de l'Union Inter fédérale des Transports (UIT). Nous devons inscrire nos travaux dans ce cadre en veillant à ne pas opposer les modes de transports entre-eux et à favoriser les complémentarités en partant de l'aménagement du territoire et des besoins de la population et des entreprises. Il faut assurer la desserte des territoires par Air France elle-même dans ce cadre de transports multimodaux. Et Il faut absolument que le TGV puisse desservir les 2 plateformes aéroportuaires parisiennes, Charles de Gaulle et Orly, sinon, pas d’intermodalité. 

 
 

La question de l'environnement, telle qu'elle est posée aujourd'hui par certaines organisations se réclamant de l'écologie, peut conduire à permettre au capital de poursuivre ses destructions par des restructurations dont le but final serait de « gaver » les actionnaires en détruisant l'emploi. Qui plus est, cela conduirait inévitablement à un développement des compagnies dites à bas coût, et à la remise en question accélérée des conquis des salariés du TA. C'est le cas de ce qui se profile dans les escales de province et à Orly. 

 
 

Ce thème de l'environnement, insuffisamment travaillé dans la CGT durant de nombreuses années, ne doit pas aujourd'hui faire l'objet de prises de positions à la hâte pour répondre à un besoin indéniablement urgent, mais parfois avec de fausses bonnes idées, aussi radicales qu'insuffisamment réfléchies, à l'image de la fermeture de lignes en métropole. Cela pose avec force la question de la planification de l'économie. Il ne s'agit pas de prôner une Étatisation mais de jeter progressivement les bases d'un plan national permettant la cohérence des mesures à prendre. 

De même, on ne peut pas s'exonérer de faire le lien entre le TA et l'industrie aéronautique. 

 
 

4) Le lien TA/Industrie aéronautique 

 
 

La récession du transport aérien entraînera inévitablement une réduction de la production aéronautique. L'industrie aéronautique fait vivre de nombreuses familles en France. Pour l'instant les carnets de commandes d'Airbus ne sont pas trop touchés ce qui n'empêche pas les dirigeants de lancer des plans massifs de réductions d'emplois...Quant aux multiples entreprises de sous-traitance, elles sont en première ligne pour faire les frais de la crise. 

La Fédération des Travailleurs de la Métallurgie de la CGT (FTM) est à pied d’œuvre (voir les différents communiqués parus). 

Il y a une véritable interaction ente le transport aérien et l'industrie aéronautique. 

Un document émanant des Fédérations CGT des Cheminots, des Transports et de la Métallurgie est sorti récemment. Intitulé « Stop à la casse des transports et de l'industrie » il synthétise la situation mais, nous devons aller plus loin dans la réflexion. 

La Confédération, avec les fédérations concernées, doit pouvoir impulser cette réflexion commune afin de faire des propositions alternatives dans le cadre de la campagne « Le progrès social et environnemental c'est possible et urgent » et ensuite, de son prolongement unitaire. En sachant que là aussi, il y a le court, le moyen et long terme, notamment en ce qui concerne l'environnement. 

 
 

5) Sensibilisation des politiques 

Nous pouvons nous inspirer de la démarche d'ADP, en l'élargissant, qui a conduit à l'implication des politiques et au succès de la pétition contre la privatisation (près de 1,2 million de signatures). 

Nous proposons de nous adresser à l'ensemble des partis politiques républicains et de leur faire part de nos projets et propositions. Cela peut se faire en plusieurs étapes. D'ors et déjà, le Parti Communiste a participé à plusieurs réunions de notre collectif en apportant une importante contribution et des contacts sont possibles avec le PS. Plus largement et officiellement, la Fédération devrait prendre l'initiative d'élargir le champ de ces contacts dans le but, à terme, de favoriser des interventions, si possible communes, au Parlement. 

 
 

6) Des propositions à débattre 

Anticiper la sortie de la crise sanitaire par le maintien des effectifs (prévoir des dispositions sociales momentanées comme le chômage partiel, la formation…), notamment, en maintenant les personnels Air France pour l'assistance en escale ainsi que le respect des tâches propres des équipages. 

 
 

  • Engager une réflexion au niveau européen pour mettre en place une nouvelle réglementation du transport aérien pour réguler le trafic pour supprimer les surcapacités et diminuer la pollution ; 

 
 

  • Dénonciation l’accord de ciel ouvert avec le Qatar et des pays de l'Asie du sud-est) qui vont augmenter le trafic avec l’Europe de plus 10 % avec la pollution correspondante. 

 
 

  • Engager au sein de l’union européenne une harmonisation sociale et fiscale pour mettre fin au dumping  social et à la la concurrence déloyale et meurtrière entre les états de l’union. 

 
 

  • Il faut un pôle public organisant la complémentarité des modes de transport dans le cadre de coopérations entre Air France, ADP, la SNCF, la RATP et les administrations concernées, et donnant l’impulsion à l’ensemble des secteurs industriels et de services qui contribuent à la production des matériels, des infrastructures et des systèmes d’information nécessaires : construction aéronautique, ferroviaire, automobile, navale mais aussi fourniture de carburants et d’énergie… 

  • Dans ce cadre, nous proposons une nouvelle nationalisation d'Air France avec une finalité permettant de satisfaire les besoins des citoyens et des entreprises et non les exigences des financiers. 

  • Mettre en place le projet d'ADP soutenus par des partis politiques et qui a permis la mobilisation par la pétition pour un référendum populaire pour son maintien dans le secteur public et nationalisé. 

  • Ces nationalisations doivent s'accompagner de droits nouveaux pour les salariés et leurs institutions représentatives. 

  • Développer des coopérations entre tous les acteurs du transport aérien. 

  • Soutenir les plate-formes aéroportuaires où les travailleurs exercent leurs métiers par milliers. 

  • Assurer la qualité de la desserte des territoires en visant une amélioration, un redressement des orientations en vigueur depuis 20 ans. 

  • Financer la recherche pour limiter au maximum les nuisances et répondre aux défis climatiques. 

  • Intensifier le soutien aux efforts de Recherches et Développement (R&D) et à la mise place de politiques de formations offensives en adéquation avec les évolutions technologiques (ceci en mettant à profit les baisses temporaires de productions). 

- Mettre en place, pour la Cie nationale, une direction apte à appliquer ces orientations. 

 
 

 
 

 
 

Un dossier « force de propositions » 

 
 

 
 

Toutes ces réfections et ces propositions ont fait l'objet d'un gros travail initié par notre collectif au fil des mois. 

 
 

Un certain nombre de documents ont été produits et constituent un dossier sur les différents thèmes abordés. 

 
 

Vous trouverez, en pièces jointes, la nomenclature et le dossier complet qui permettra de donner des éléments afin de pouvoir engager des luttes sur des contenus revendicatifs crédibles et offensifs avec un prolongement législatif à construire avec les politiques. Ceci n'est pas exhaustif mais constitue une bonne base pour agir afin de préparer un avenir prenant en compte les besoins des populations, des entreprises et des salarié-e-s pour le progrès social. 

 
 

Le collectif reste à votre disposition pour échanger, enrichir et populariser ce dossier. 

 
 

Pour le collectif 

Philippe Bonnefous – Michel Paschal – José Rocamora - Yvon Touil (animateur) 

 
 

 


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